Pratique

Le gilet de sauvetage en paddle : obligatoire ou pas ?

Chaque année, plusieurs drames viennent nous le rappeler : la pratique du stand up paddle n'est pas sans risque. Alors si vous vous demandez si le port d'un gilet de sauvetage en paddle est obligatoire, voici ce que dit la règlementation...

C’est une question fréquente sur les forums et groupes Facebook dédiés au stand up paddle : faut-il un gilet de sauvetage en paddle, et est-ce obligatoire ou pas ? En Ile-de-France, un article publié dans Le Parisien (article payant) le 14 août 2022 a de quoi interroger les pratiquants. Dans un reportage réalisé à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne), des policiers municipaux patrouillant sur la Marne réprimandent un paddleur n’ayant pas de gilet de sauvetage : « C’est obligatoire sur la Marne », lui lance l’un des policiers, selon les propos rapportés dans l’article.

Faut-il un gilet de sauvetage en paddle ?

Alors le gilet de sauvetage est-il obligatoire en paddle, sur la Marne et ailleurs ? Le règlement particulier de police d’itinéraire de la Marne (RPPi 9), qui régit la navigation sur le cours d’eau, comporte bien un article spécifique concernant le port du gilet de sauvetage : il s’agit de l’article 10. Celui-ci rappelle d’abord que « le port du gilet de sauvetage ou d’une aide individuelle à la flottabilité relève de la responsabilité du conducteur du bateau ».

Evoquant ensuite spécifiquement les sports nautiques « non-motorisés » (comme le stand up paddle), le texte renvoie aux règles édictées par chaque fédération sportive… du moins, en ce qui concerne leur « pratique organisée » ! Selon l’article A4241-1 du code des transports, la « pratique organisée de sports nautiques non-motorisés » définit la pratique exercée sous la responsabilité d’un club ou d’une structure affiliée à une fédération, d’une personne diplômée, ou encore d’un établissement scolaire… Bref, la pratique « organisée » s’entend par opposition à une pratique « libre, « individuelle », « autonome ».

L'article du Règlement particulier de police d'itinéraire de la Marne (RPPi) consacré au port du gilet de sauvetage.
L’article du Règlement particulier de police d’itinéraire de la Marne (RPPi) consacré au port du gilet de sauvetage.

Faut-il en conclure que le gilet de flottaison n’est pas obligatoire en paddle lorsqu’on le pratique en dehors de toute structure ? Pas si simple !

Gilet de sauvetage en paddle : ce que dit la fédération

Fédération délégataire pour le stand up paddle depuis 2010, la Fédération française de surf (FFS) a élaboré une réglementation (document PDF) régissant la pratique du SUP « dans les différents milieux (vagues, eau plate et rivière) », et ayant vocation à s’appliquer « pour toute pratique, libre ou encadrée ». Pour les eaux intérieures, comme en Ile-de-France, cette réglementation se retrouve dans l’arrêté du 10 février 2016 « relatif au matériel d’armement et de sécurité des bateaux de plaisance » et publié au Journal officiel.

Que dit cette réglementation ? Que dans les eaux intérieures sans courant (par opposition aux eaux intérieures avec courant, comme les rivières d’eau vive), le port d’un équipement individuel de flottabilité d’au moins 50N et homologué CE est obligatoire. Seule alternative autorisée : le port d’« une combinaison ou d’un équipement en néoprène assurant au minimum une protection du torse et de l’abdomen, une flottabilité positive et une protection thermique ». Et en eaux vives, le port d’un gilet d’aide à la flottabilité est obligatoire dans tous les cas.

En clair : en stand up paddle, le port d’un gilet (ou d’une ceinture) d’aide à la flottabilité d’au moins 50 Newton est bien obligatoire. A défaut, vous devez porter un équipement néoprène protégeant a minima votre buste et vous faisant flotter. Si vous ne possédez ni l’un ni l’autre, vous vous exposez à une amende.

Le gilet est-il aussi obligatoire en mer ?

En mer, la réglementation édictée par la FFS dépend de la taille de votre stand up paddle. S’il mesure moins de 3m50 (moins de 11’6), votre paddle rentre dans la catégorie « engin de plage ». Le gilet de sauvetage est recommandé sans être obligatoire, mais il vous est formellement interdit de vous éloigner à plus de 300 mètres de la rive.

Si votre paddle mesure plus de 3m50 (11’6 et plus), vous pouvez aller au-delà de la limite des 300 mètres (jusqu’à 2 milles nautiques, soit 3,7 km) à la condition que votre SUP soit rigide, ou bien qu’il soit gonflable mais équipé d’une (ou plusieurs) réserves de flottabilité (paddles gonflables munis de plusieurs chambres). Dans les deux cas, vous devrez obligatoirement être équipé d’un gilet ou d’une ceinture d’aide à la flottabilité d’au moins 50N et homologué CE, ou à défaut d’une combinaison néoprène protégeant a minima le torse et l’abdomen et assurant une flottabilité positive.

Une affiche de la Fédération française de surf résumant les règles de sécurité en paddle, et notamment celle concernant le port d'un gilet de sauvetage.
Une affiche de la Fédération française de surf résumant les règles de sécurité en paddle, et notamment celle concernant le port d’un gilet de sauvetage (cliquez pour agrandir l’infographie). (FEDERATION FRANCAISE DE SURF)

Quelle amende en cas de contravention pour non-port du gilet ?

Outre les conséquences pour votre sécurité, le non-respect des règles prévues à l’arrêté du 10 février 2016 peut entraîner une amende en cas de contrôle. En eaux intérieures, si l’on se fie à l’article 7 du RRPi du Cher, il s’agit en effet d’une contravention de 1ère classe. L’amende forfaitaire s’élève alors à 11 euros, l’amende majorée à 33 euros, et l’amende maximale à 38 euros.

Pourquoi porter un gilet de flottaison en stand up paddle ?

Cette obligation du port du gilet en paddle (ou bien d’une ceinture, ou encore d’un équipement néoprène adéquat) agacera peut-être certains d’entre vous. Mais si « le SUP procure un réel sentiment de liberté, il ne faut pas oublier pour autant qu’il y a des risques », souligne Serge Lougarot, conseiller technique chargé du développement du SUP à la Fédération française de surf, dans le journal « La Croix ». Même si vous êtes bon nageur, vous n’êtes pas à l’abri d’un accident ou d’un malaise, lesquels peuvent entraîner une noyade.

Comme le rappelle aussi la Fédération française de surf sur son site internet, des drames surviennent chaque année. Début juillet 2022, une jeune fille de 16 ans est décédée dans le Tarn. « Restée coincée sous l’eau trop longtemps » après avoir chuté de son paddle, selon la gendarmerie citée par France Bleu, elle n’a pu être réanimée malgré la mobilisation d’une quinzaine de pompiers. Le 16 juillet, c’est dans l’océan Atlantique, près du phare de Cordouan (Gironde), qu’un plaisancier de 58 ans est mort lors d’une balade en paddle, selon Sud Ouest. Quelques jours plus tard, dans le Lot, un vacancier est également décédé après une chute de paddle, dans un lac. Là encore, comme le souligne France Bleu, les pompiers ne sont pas parvenus à réanimer le noyé, âgé d’une cinquantaine d’années.

En mai 2022, un homme de 40 ans s’était lui aussi noyé lors d’une session avec un ami sur un lac près de Bordeaux, lorsqu’un très violent orage avait subitement éclaté. Porté disparu, son corps avait finalement été retrouvé début juin, selon France 3 Nouvelle Aquitaine.

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